Le chercheur

LA BOHA

LA BOHA, LA CORNEMUSE DES LANDES DE GASCOGNE

Un instrument très différent des autres cornemuses de France.

LA BOHA, LA CORNEMUSE LANDAISE.

Un territoire historique.

Historiquement cette cornemuse était jouée principalement dans le département des Landes et également dans le sud de la Gironde et l’est du Lot et Garonne.
Si l’on doit se référer à un territoire identifié, ce serait celui des landes de Gascogne.

A présent, comme pour tous les instruments, la boha, est jouée bien au delà de l’aire de jeu historique.
Nous dénombrons par exemple des bohaires en Espagne, en Italie et au Royaume Uni.

Des noms multiples pour un même instrument.

Historiquement, en langue gasconne, cette cornemuse est dénommée de trois façons différentes :
La boha (le bouhe), la bohaussac (le bouhaussac) ou la chalamina (le tchalemnine).
Source : « Chants populaires de la Grande-lande », Édition établie et présentée par
Jacques Boisgontier et Lothaire Mabru. Oeuvres complètes, tomes III & IV, Confluences/Parc naturel régional des landes de Gascogne, 1995 -1997
C’est le terme de boha (bouhe) qui est le plus courant.

En français la dénomination fut tardive, au commencement, des ethnomusicologues l’on appelée : cornemuse des Landes et cornemuse landaise puis dans les années 1980 s’est ajouté le vocable : cornemuse des landes de Gascogne. Les trois noms cohabitent.

Des caractéristiques fondamentales : Qu’est-ce qui en fait une boha ?
La boha est un instrument tout à fait atypique parmi les cornemuses du domaine français. Ces spécificités résident principalement dans trois caractéristiques :
La première, ce sont les deux tuyaux de jeu parallèles, qui sont sur une même pièce de bois, le pihèt. Alors que généralement chaque perce est sur une pièce de bois spécifique.
La deuxième, réside dans l’anche simple du tuyau mélodique, ce qui lui donne ce timbre tout à fait particulier. Les autres cornemuses fonctionnent sur le principe du hautbois, elles possèdent une anche double.
Enfin, la troisième, est son tuyau d’accompagnement, le contre qui permet de jouer deux notes et donne au musicien la possibilité de créer rythmes et polyphonies.

Vous pourrez entendre le timbre de ces cornemuses en écoutant l’extrait musical qui se trouve sur You tube : La boha de Jean Lestage : Comment se joue la boha : vidéos positions des doigts

Le fruit probable d’une évolution.
La complexité organologique de cette cornemuse laisse à penser que cet instrument est certainement, comme pour de nombreux instruments, le fruit d’une lente évolution.
Il est peu probable qu’une personne se soit réveillée un jour avec la révélation d’une cornemuse à inventer et qu’il ai percé deux tuyaux sur la même pièce de bois en ajoutant le brunider à l’extrémité.
Il est plutôt envisageable qu’au fil du temps et de l’imagination des musiciens, un deuxième tuyau ait pu s’ajouter au premier, puis par la suite qu’une rallonge ait été aboutée, jusqu’à répondre au besoin du musicien.

Ce qui est certain, c’est que les instruments de la fin du XIXème ou du début du XXème siècle, que nous avons retrouvés ou qui ont été observés pouvaient être légèrement différents : 6 ou 7 trous de jeu, des anches en roseau ou avec des supports en plomb, un brunider percé d’un trou.
Source : MABRU Lothaire. « La cornemuse des landes de Gascogne », Belin-Beliet : Centre Lapios/Cahiers du Bazadais, éd. Les Amis du Bazadais, 1986.

Le déclin et le renouveau de la boha.
A partir du début du XXème siècle, de nombreuses causes convergentes ont conduit au déclin progressif puis à la disparition de la boha : apparition d’instruments plus modernes, nouvelles modes, nouvelles danses…

Une tradition en constante évolution:

Le renouveau de la boha a eu lieu dans les années 70, les tonalités jouées étaient proches de do et sib.

Pendant plus de 20 ans, de 1970 au milieu des années 90, les facteurs d’instruments ont reconstitué à l’identique les cornemuses retrouvées. Ces bohas par de nombreux aspects répondaient à des caractéristiques proches de celles des musiciens d’autrefois. Notamment un volume sonore puissant qui était nécessaire pour se faire entendre des danseurs à une époque où les sonos n’existaient pas. Mais pour nous, les jeunes musiciens de l’époque, nous vivions généralement cette puissance sonore comme un inconvénient, un obstacle à notre pratique de jeu naissante. Nos voisins de jeu aussi, il était difficile à un violon ou une vielle à roue de se faire entendre lorsqu’une de ces bohas jouait.
Dans les années 80, la plupart des accordéonistes ont choisi de passer de l’accord do/fa au sol/do et les tonalités des cornemuses ont suivi. En baissant d’une quarte, en devenant plus grave, le volume sonore a diminué et le timbre s’en est trouvé énormément modifié. Il est devenu plus approprié à nos occasions de jeu mais plus éloigné de l’original.

Sur l’impulsion d’Alain Cadeillan au milieu des années 80, l’organologie de la boha a évolué.
Ce bricoleur de génie, a réussi, par un astucieux système de bouchons, à élargir les possibilités de l’instrument en ouvrant de nouveaux trous de jeu. Et puis, il a également mis au point la possibilité d’accorder le brunider en mode mineur et mis au point un bourdon de poche.
Au début des années 90 ce type d’organologie a commencé à se diffuser et aujourd’hui la majorité des bohaires jouent sur des pihets à 8 trous de jeu.

Vidéo sur type de jeu boha à 8 trous + bourdons

« EN ATTENTE VIDEO »

Pour la découvrir un peu plus en détail : http://www.cornemuselandaise.fr/

LA FABRICATION


UN SAVOIR FAIRE UNIQUE

La fabrication : Cozian – Saintorens.
Notre gamme est large, elle va de la boha ancienne à 5 trous
jusqu’aux instruments possédant des trous alternatifs et des bourdons supplémentaires.

CONFÉRENCES

Laissez vous emporter au pays gascon et découvrez la boha et toutes ses cousines de France, d’Europe ou du Maghreb. Guidés par la parole enthousiaste et poétique de Yan Cozian vous racontant les instruments de la Grande Lande ou la danse gasconne, vous goûterez la saveur de la musique traditionnelle. Une musique en perpétuelle évolution, comme le sont les artistes qui la défendent.
Ces conférences peuvent prendre des formes variées et s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Consultez-nous pour un montage « à la carte ».

COLLOQUE

Les actes du colloque ont été publiés, sont disponibles et peuvent être commandés au Centre départemental du Patrimoine – abbaye d’Arthous – Tél. : 05.58.73.03.89.
Merci encore au Conseil Général des Landes d’avoir perçu l’importance qu’il y avait à réunir toutes ces personnalités qui ont marqué le renouveau de notre cornemuse.
Ces journées de travail nous ont permis de comprendre, d’analyser tout un pan de l’histoire de notre patrimoine musical landais.
Vous trouverez ci-joint en fichiers téléchargeables une partie des interventions de Yan.
Bonne lecture !

– Jeanty Benquet analyse du jeu d’un musicien routinier Par Yan COZIAN : Télécharger

– L’Évolution organologique de l’instrument : Télécharger

– La démarche d’un musicen : Télécharger

– Transmettre et enseigner la cornemuse landaise : Télécharger

COLLECTAGE